L’économie mondiale est enlisée dans la pire crise financière depuis la Grande Dépression. Ce qui apparut premièrement comme une fissure des crédits hypothécaires à haut-risque (sub-prime) sur le marché du logement étasunien pendant l’été 2007 commença à s’élargir en 2008 en une faille plus profonde sur le paysage financier mondial et se termina par l’effondrement de grandes institutions bancaires, des chutes abyssales sur les marchés boursiers mondiaux et un gel du crédit.

Ces ondes de choc déclenchèrent une véritable crise économique où la plupart des pays avancés sont déjà en récession et où les perspectives pour les pays émergents et d’autres économies en développement se détériorent rapidement, y compris pour ceux qui ont une histoire récente avec de fortes performances économiques.

Dans le scénario de référence de prévision des Nations Unies, le produit mondial brut devrait se ralentir à un maigre 1,0 pour cent de croissance en 2009, soit une forte décélération par rapport à l’estimation de 2,5 pour cent pour 2008 et bien en-dessous des taux encore plus élevés des années précédentes. Au taux de croissance globale prévu, le revenu mondial par habitant diminuera en 2009. La production dans les pays développés devrait diminuer de 0,5 pour cent en 2009. La croissance dans les économies en transition devrait se ralentir à 4,8 pour cent en 2009, contre 6,9 pour cent en 2008, tandis que la croissance de la production dans les pays en développement devrait ralentir de 5,9 pour cent en 2008 à 4,6 pour cent en 2009.

Etant donné la grande incertitude qui règne aujourd’hui, un scénario plus pessimiste est tout à fait possible. Si le gel du crédit est prolongé et la confiance dans le secteur financier n’est pas restaurée rapidement, les pays développés devraient entrer dans une profonde récession en 2009, avec leur produit intérieur brut (PIB) diminuant de 1,5 pour cent ; la croissance économique dans les pays en développement ralentirait à 2,7 pour cent, niveau dangereusement bas en terme de capacité à soutenir les efforts de réduction de la pauvreté et à maintenir la stabilité sociale et politique. Dans ce scénario pessimiste, l’économie mondiale serait en fait en déclin en 2009—un événement inédit depuis les années trente.

Pour conjurer le risque d’une profonde récession mondiale, Situation et Perspectives de l’Economie Mondiale (SPEM) 2009 recommande la mise en œuvre de politiques massives de relance fiscale coordonnées à l’échelle internationale qui soient cohérentes et qui se renforcent mutuellement, tout en étant alignées avec les objectifs du développement durable. Celles-ci devraient s’ajouter aux mesures de liquidité et de recapitalisation déjà prises par les pays en réponse à la crise économique. Dans le cadre d’un scénario plus optimiste—sous l’impulsion de politiques de relance budgétaire efficace comprise entre 1,5 et 2 pour cent du PIB des principales économies, ainsi que d’autres réductions de taux d’intérêt—SPEM prévoit qu’en 2009, les pays développés pourraient atteindre un taux de croissance de 0,2 pour cent alors que ce dernier serait légèrement supérieur à 5 pour cent dans les pays en développement.

Télécharger le résumé du document au: http://www.un.org/esa/policy/wess/wesp2009files/wesp09es_fr.pdf

L’intégralité de la publication est disponible à l’adresse suivante : http://www.un.org/esa/policy/wess/wesp.html